L'art du compromis - J3

20160726 Bouroullec

C’est l’heure des choix. Compte tenu des prévisions météo, il y a fort à parier que l’ensemble de la flotte optera pour un passage au nord du DST du cap Finisterre. Les tenants de l’option sud pourraient se confronter à des vents de 35 noeuds avec fortes rafales, des conditions peu propices à la navigation sur un Mini. Reste qu’en gagnant légèrement dans le sud, tous espèrent un léger renforcement des vents et un gain de vitesse sur la route.

Jusqu’au faut-il aller trop loin ? C’est le dilemme auquel les solitaires vont être confrontés dans les heures à venir. Tous ont déjà entamé le ballet des empannages leur permettant de se recaler un peu plus près des côtes espagnoles et de bénéficier d’un renforcement des vents. Posté en éclaireur à l’avant de la flotte, Ian Lipinski (Griffon.fr) a déjà fait son choix. Ce sera une route au nord du DST. Passé le dispositif, il aura tout loisir d’empanner de nouveau pour mettre un peu de sud dans sa route si le vent venait à mollir trop franchement aux abords de la dorsale. Compte tenu des vents annoncés sur le sud du cap Finisterre, tous les concurrents devraient choisir cette même option.

Changer de peau

Passées les vingt-quatre premières heures qui nécessitent un temps d’adaptation, les solitaires ont pris leur rythme : sommeil fractionné, temps pour la navigation, temps pour entretenir sa forme entre hygiène minimum et nourriture roborative. Très souvent, l’alimentation durant les premières heures de course est plutôt chaotique : entre le stress du départ, la pression de la compétition, la transition du monde des terriens à la mer, on a du mal à réellement manger. On grignote de ci de là, on puise dans les réserves de l’organisme, sans oublier le mal de mer qui affecte plus ou moins les solitaires. Très rares sont ceux qui peuvent affirmer n’en avoir jamais été victime. C’est un paramètre qu’il faut prendre en compte avec philosophie et dont il faut essayer de minimiser les effets. C’est cette capacité de chacun à trouver rapidement le bon rythme qui va jouer sur les performances du bateau. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si on retrouve aux avant-postes les cadors du circuit : Tom Dolan (Offshoresailing.fr), Jonas Gerkens (Volvo) se sont lancés à la poursuite de Tanguy Bouroullec (Kerhis CERFrance) et d’Ambrogio Beccaria (Alla Grande Ambecco) qui ne lâche quasiment rien sur son Pogo 2.

La route des cachalots

Sur la route des Açores, les conditions sont pour l’instant proches de l’idéal. Une navigation aux allures portantes dans un vent qui monte en puissance progressivement, des températures estivales, du soleil. A bord des bateaux accompagnateurs, on a pu apercevoir les premiers gros cétacés, baleines ou cachalots. Pas de coups de mistoufle, de conditions rugueuses ou de prises de tête inconsidérées, la différence se fait sur la capacité à aller vite longtemps. C’est une prime à l’expérience qui dessine une hiérarchie sans réelle surprise. Peu ou prou, tous avancent à bonne vitesse vers l’archipel portugais. A la vacation du jour avec les bateaux accompagnateurs, tous les solitaires ayant répondu concluaient par un laconique RAS. C’est bien connu : les gens heureux n’ont pas d’histoires.

Classement au pointage de 17h (TU+2) :

Séries :

  1. Tanguy Bouroullec(Kerhis CERFrance), à 926,3 milles de l’arrivée
  2. Ambrogio Baccaria (Alla Grande Ambecco) à 4,2 milles
  3. Tom Dolan (Offshoresailing.fr) à 4,5 milles
  4. Jonas Gerkens (Volvo) à 7 milles
  5. Aurélien Poisson (Alternative Sailing) à 10,8 milles

Prototypes :

  1. Ian Lipinski (Griffon.fr) à 858 milles de l’arrivée
  2. Alberto Bona (Promostudi La Spezia) à 51,5 miles

Horaires marées


Ports:

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