Les vieux de la vieille - J2

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Ils ne s’attendaient pas forcément à être à pareille fête. Ambrogio Beccaria (Alla Grande Ambeco) et Frédéric Moreau (Petit Auguste et Cie) mènent gaillardement la flotte des solitaires reléguant la tête du peloton à plus de 8 milles. Dans le top 5, seul Henri Leménicier (LPO Agir pour la Biodiversité) parvient à glisser son Pogo 3 au milieu de bateaux d’ancienne génération. Mais le renforcement progressif du vent devrait rapidement bouleverser cette hiérarchie provisoire.

Gageons que si l’on avait dit à Jean-Patrick Loison (Stop Hunger One) ou Nolwen Cazé (Fée rêvée) qu’ils pointeraient dans le top 5 au bout de vingt-quatre heures de course, ils auraient signé des deux mains. Dans les petits airs qui dominent depuis le départ, les carènes des Pogo 2 et autres Dingo 2 font merveille, comparées à celles des bateaux de dernière génération, conçues pour apporter un surcroit de puissance dès que le vent monte. C’est en tous cas une excellente nouvelle pour la course qui voit se dérouler un scénario pour le moins inattendu. Bien sûr, on pouvait imaginer qu’Ambrogio Beccaria ne se laisserait pas dévorer tout cru par la flotte des Pogo 3, compte tenu de ses belles facultés de résistance montrées lors du prologue et du parcours côtier du départ. Mais c’est une chose d’être à l’aise entre bouées, et de tenir la dragée haute aux bateaux dernier cri en plein milieu du golfe de Gascogne.

Mardi à l’heure des choix

La flotte va pouvoir encore profiter de ces conditions et de cette navigation en route directe vers la pointe de l’Espagne encore vingt-quatre heures. Mais ensuite, il faudra choisir son camp : sur la route des solitaires se dresse, le Dispositif de Séparation de Trafic (DST) du cap Finisterre, sorte d’autoroute destinée à canaliser la circulation des cargos. Les règles de course internationales interdisent dorénavant tout passage de bateau au sein de ce DST qu’il va donc falloir contourner par le nord ou par le sud. Par le nord, le risque est de se faire happer par la dorsale qui semble vouloir se mettre en place des Açores à la Vendée. Vents faibles, progression ralentie, la tentation de la route sud est réelle. Entre la dépression thermique qui se forme sur l’Espagne et l’anticyclone, le gradient de pression y génère un couloir de vents forts propice aux hautes vitesses, mais aussi à la casse, puisque le vent pourrait monter à 40 noeuds dans les rafales. Ajoutée à cela, une mer qui sera vite hachée et creuse, on conçoit que le dilemme n’est pas simple. Certains semblaient avoir fait leur choix dès le départ à l’instar de Jonas Gerkens (Volvo). Le tenant du titre rappelait sagement que pour gagner une course, il faut d’abord la terminer et qu’il valait mieux risquer de perdre quelques heures que son mât.

C’était aussi le raisonnement des deux solitaires engagés en prototype. Pour Ian Lipinski (Griffon.fr) comme Alberto Bona (Promostudi La Spezia), l’objectif premier est de terminer, de parfaire sa connaissance du bateau. Pour ces deux-là, Les Sables – Les Açores – Les Sables sont un excellent banc d’essai avant de se retrouver face à face lors de la Mini Transat 2017. Inutile d’aller tenter le diable.

Classement au pointage de 15h :

Séries :

  1. Ambrogio Beccaria (Alla Grande Ambeco), à 1146, 4 milles de l’arrivée
  2. Frédéric Moreau (Petit Auguste et Cie) à 1,6 milles
  3. Henri Leménicier (LPO Agir pour la Biodiversité) à 8,4 milles
  4. Jean-Patrick Loison (Stop Hunger One) à 8,5 milles
  5. Nolwen Cazé (Fée Rêvée) à 8,6 milles

Prototypes :

  1. Ian Lipinski (Griffon.fr) à 1140,4 milles de l’arrivée
  2. Alberto Bona (Promostudi La Spezia) à 2,5 miles

 

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