Le Puy du Fou en danger

Le spectacle cinéscénique du Puy du Fou va-t-il disparaitre ? Au moins sous sa forme actuelle ?

Un projet de loi dans les cartons du gouvernement, présenté au Conseil des Ministres dans les jours à venir, pourrait bien remettre effectivement en cause le modèle économique d'un phénomène culturel vendéen dont la réussite repose pour l'essentiel sur une armée de bénévoles.

Il faut savoir en effet que chaque soir de spectacle, ils sont 1800, 1200 sur scène et en costumes, le reste en coulisse, pour assurer le bon déroulement d'une spectacle exceptionnel joué devant 14.000 spectateurs, à près de 30 reprises durant la saison estivale. Et qu'en alternance, un nombre égal de bénévole prend le relais tous ls deux soirs.

Or le projet vise à faire de ces bénévoles des salariés comme les autres, ouvrant droit à un salaire... et au paiement des cotisations sociales et des impôts afférents !

 Le bénévole, un travailleur comme les autres ?

Les plus âgés se souviennent avec émotion, voire nostalgie, d'un temps où la fête de quartier ou de village pouvait se décider sur un coup de tête, en deux temps, trois mouvements. Ce n'est pas si vieux. Il suffisait de quelques bâches, d'une rue bloquée, d'un champ de blé fraîchement fauché pour garer les voitures, d'une baraque à frites improvisée et des gâteaux maison pour le dessert... Mais ça c'était avant. Car forcément, dans le meilleur des mondes pensé par certains, toute manifestation doit désormais être pensée, prévue, formatée, autorisée, calibrée, sécurisée.

La chasse aux cotisations sociales

Au coeur du dispositif associatif, le bénévole est la pièce essentielle. Les budgets vont aux costumes, aux petits défraiements, aux repas des bénévoles qui constituent le seul salaire de gens qui de toute façon n'envisage pas un autre mode de fonctionnement. Las. Qui dit pas de salaires, dit pas de charges. Donc pas de recettes pour les organismes sociaux. Or ceux-ci sont sans cesse en quête de nouvelles recettes pour financer la solidarité d'Etat voulue par les politiques. Mais une solidarité qui est payée par l'assurance-maladie des salariés et non l'impôt, comme cela devrait être en toute logique. Et comme chaque nouvelle gratuité accordée à certains actes ou certaines catégories de populations non-cotisantes grève un peu plus le déficit accumulé, la tentation est forte de faire "feu de tout bois". S'en prendre aux bénévoles participent de cette quête. Les frontaliers vont y passer en juin, sauf miracle.

Au Puy du Fou, on est bénévole ou rien

Depuis le début du spectacle, en 1977, les centaines puis les milliers de bénévoles ont toujours fait de leur engagement dans le spectacle puyfolais un engagement désintéressé pécuniairement. L'essentiel est ailleurs. Une mission quasi-mystique de transmission d'une culture, d'un savoir, qui va bien au-delà de la condition sociale et des opinions de chacun.

Il se murmure qu'au départ, devant le succès immédiat de la cinéscénie, quelques voix se sont élevées pour demander une répartition des richesses. Mais rapidement, c'est l'engagement "citoyen" des acteurs bénévoles qui a repris la main. Et a permis de construire ce qu'est devenu aujourd'hui Le Puy du Fou, à savoir un spectacle unique au monde qui attire 400.000 spectateurs chaque année. De quoi attirer les convoitises des différents ministères. 

Le prétexte de l'égalité

A lire les intentions des ministères, c'est parce que les bénévoles répondent aux règles du droit du travail qu'ils doivent être rémunérés. On veut donc les faire passer pour des travailleurs dissimulés. Rien de moins. Certes, le Son et Lumières de Pierre Levée à Olonne ou Challans Autrefois et ses 4 jeudis ne sont pas - pour l'instant - visés car sous la barre des 30 spectacles annuels visés. Ni bien sûr la Grande Fête d'un jour comme La Grande Bordée aux Sables ou la mi-carême de Coëx. Mais le mouvement est en marche.

Un désastre financier ?

Au delà des conséquences financière qui font dire à Nicolas de Villiers, Président et Directeur Artisitique du spectacle du Puy du Fou, qu'une telle disposition signerait la mort pure et simple du spectacle, il importe de rappeler que pour l'immense majorité des bénévoles, c'est une condition siné qua non que d'être bénévole. Le salariat tuerait un esprit et un mode de vie. Ils n'en veulent pas. Et partiraient. 

Autre conséquence à méditer : Si le bénévolat venait à disparaitre, et les spectacles à perdurer en mode professionnel, les nouveaux salariés risqueraient fort de rejoindre les intermittents du spectacle. Or, ceux-ci bénéficient d'un système social très généreux qui ne survit que grâce à la contribution du système génral. En effet, à ce jour, le régime des intermittents est déficitaire pour plus d'un milliard d'euros ! Un afflux de nouveaux ne pourrait que se traduire par un creusement du déficit, sauf à réformer en profondeur le statut des intermittents, ce qui semble totalement impossible. On imagine même ce qui se passerait si les "vrais" artistes voyaient débarquer ces amateurs...

Les grandes manoeuvres

Nicolas de Villiers a adressé un courrier au Président de la République. Pour s'émouvoir du projet et faire part de ses craintes concernant la tutelle idéologique du Ministrère de la Culture. Les réprésentants des spectacles vivants, directement visés par ce projet déjà bien avancé, seront reçus aujourd'hui au Ministère pour tenter de démontrer qu'i vaudrait mieux en rester au status quo. Pas gagné, en ces temps de chasse aux recettes nouvelles.

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